Nigeria

Nom officiel : République fédérale du Nigéria
Chef de l’Etat et du Gouvernement : MuhammaduBuhari

Données géographiques

Superficie : 923 773 km²
Capitale : Abuja
Villes principales : Lagos, Ibadan, Benin City, Kano, Port Harcourt
Langue officielle : anglais
Langue(s) courante(s) : haoussa, yorouba, igbo
Monnaie : Naira
Fête nationale : 1er octobre

Données démographiques

Population : 182 millions d’habitants (INSEE 2015)
Densité moyenne : 200 hab/km2 (INSEE 2015)
Croissance démographique : 2,8% (ONU 2015)
Espérance de vie : 52 ans (ONU 2015)
Taux d’alphabétisation : 51,1% (Banque mondiale 2014)
Religion(s) : islam, christianisme, religions traditionnelles
Indice de développement humain : 152ème sur 188 (PNUD 2015)

Données économiques

PIB : 574 Mds$ en 2014 (FMI) et estimé à 493 Mds$ en 2015 (après correction du change)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : services (incluant notamment les services financiers et assurances, le logement, le commerce) : 52%, Agriculture : 22%, Industrie (pétrole et gaz) : 14,4%, autres industries : 11,6% (dont industrie cinématographique et musicale à hauteur de 1,42%).
PIB par habitant : 2 742 USD (FMI 2015)
Taux de croissance : 4,8% (FMI 2015)
Taux de chômage : 9,9% (FMI 2015)
Taux d’inflation : 9,6% (FMI 2015)
Principaux clients : Union européenne (35,6%), Etats-Unis (11,3%), Inde (12,1%), Brésil (10%)
Principaux fournisseurs : Union européenne (23,3%), Chine (21%), Etats-Unis (11,3%), Inde (4,6%)

Politique intérieure

L’expansion du terrorisme de BokoHaram au nord-est du Nigéria et dans la région a marqué le mandat du Président Jonathan, et nécessité la mobilisation, outre de l’armée nigériane, des armées du Tchad, du Niger et du Cameroun dans le cadre d’une coopération régionale impulsée par la France en mai 2014.
Les élections générales de 2015 ont donné lieu à la première alternance politique de l’histoire de la démocratie nigériane. Elles opposaient Goodluck Jonathan à MuhammaduBuhari, ancien chef de régime militaire et troisième fois candidat, cette fois-ci au nom de la coalition d’opposition All Progressives Congress (APC), née en 2013. Buhari, dont la campagne a été centrée autour des questions sécuritaires et la lutte contre la corruption, a remporté l’élection avec 53,96% des voix. L’APC est également devenue majoritaire au Parlement et au sein des gouverneurs.
Le scrutin présidentiel a été unanimement salué par la communauté internationale. Le président Jonathan a félicité le vainqueur avant même la publication des résultats.
Investi le 29 mai 2015, le nouveau président a nommé son gouvernement le 11 novembre après s’être assuré de la compétence et de la probité de chacun de ses membres. Les nouvelles autorités doivent faire face à des enjeux importants.

-  Lutter contre l’insécurité, et prioritairement contre BokoHaram
Pour lutter contre BokoHaram, le président s’appuie en priorité sur l’armée nigériane dont il a renouvelé les principaux chefs. Il a repris en main la lutte contre l’organisation terroriste et a relancé la collaboration régionale avec les pays voisins (Tchad, Cameroun, Niger, Bénin). Sur le long terme, afin de développer la région du bassin du lac Tchad, il envisage de relancer la prospection pétrolière dans l’Etat de Borno.
Le delta du Niger, l’une des régions les plus déshéritées du Nigeria malgré ses richesses pétrolières et gazières, demeure sensible. Le président Buhari a décidé de prolonger le programme d’amnistie au profit des ex-militants indépendantistes pour deux années supplémentaires mais avec des indemnités revues à la baisse. L’arrestation, à l’automne 2015, du directeur de Radio Biafra a suscité un regain d’activisme et de violences, dont le sabotage d’oléoducs. Ces sabotages ont fortement réduit la production nigériane de pétrole.
La Middle Belt, ce Nigéria du « milieu », est une zone qui connait une augmentation sensible des violences, et forme le troisième front de la violence dans le pays.

-  Lutter contre la corruption, promouvoir une croissance plus inclusive et réduire les inégalités économiques.
La lutte contre la corruption notamment dans le secteur pétrolier, est une priorité du nouveau président qui a déjà pris plusieurs mesures (démantèlement des directions d’agences para-étatiques, mise en cause de personnalités politiques).
Sur le plan économique, le Président Buhari souhaite entreprendre d’importantes réformes dans le secteur de l’énergie (développement des raffineries, finalisation des privatisations en cours dans les sous-secteurs de la génération et de la distribution d’électricité).
La politique agricole (22% du PIB) devrait être davantage régionalisée. Le Président Buhari (lui-même éleveur) souhaite que son pays soit auto-suffisant sur le plan alimentaire et agro-industriel.

Situation économique


-  Eléments structurels
Avec un PIB de 493 Mds$ à la fin 2015, le Nigéria est la 1ère économie d’Afrique, devant l’Afrique du Sud. Le pays était alors au 24ème rang mondial selon le FMI. Sur 10 ans, la croissance moyenne a atteint 6% par an. Au cours de la décennie 2003-2013, les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint 4 Mds$.
En plus de 10 ans, la répartition sectorielle du PIB a été structurellement transformée. Le pétrole et le gaz ne représentent plus que 14,4% du PIB (20 points de moins par rapport à 2003), cette situation est due à la stagnation des capacités de production pétrolière couplée avec une augmentation de la part des services (52 %) dans l’économie. Cependant les hydrocarbures représentent encore plus de 90% des exportations et 75% des revenus budgétaires. L’agriculture ne représente plus que 22% du PIB (contre 40 % en 2003). Le pays connaît une révolution manufacturière. Cette transformation dans les secteurs des services et de l’industrie est à l’origine de l’émergence d’une classe moyenne aux revenus mensuels supérieurs à 645$ estimée à une vingtaine de millions de Nigérians. Le pays n’en reste pas moins un des plus inégalitaires du monde avec 22 milliardaires, 34 000 millionnaires et 70% de la population qui vit avec moins d’un dollar par jour.
Le développement de l’emploi des jeunes est un enjeu d’importance. 50% des Nigérians ont moins de 18 ans et le chômage des jeunes pourrait représenter 80% dans certains Etats du Nord du pays. Le président Buhari a pour objectif de créer 3 millions d’emplois par an.
-  Eléments conjoncturels
L’économie subit la chute des cours du pétrole et le glissement de la monnaie nationale.
La baisse des revenus pétroliers a entraîné une baisse des rentrées de devises étrangères ayant conduit à une forte contraction des réserves de changes (de plus de 15% en 2015), ainsi qu’à deux dévaluations successives du naira (novembre 2014 et février 2015).
Depuis septembre 2014, la bourse de Lagos a connu une baisse de 40% de sa capitalisation boursière. L’élection du candidat Buhari avait entraîné un rétablissement partiel de celle-ci, mais le manque d’orientations politique économique claires a engendré un nouveau recul.
Cependant la Banque centrale du Nigeria a annoncé la réintroduction d’un taux interbancaire flexible sur le marché à partir du 20 juin, ce qui devrait rassurer les investisseurs étrangers.
-  Finances publiques
Outre le secteur pétrolier (75%), les rentrées budgétaires proviennent des impôts (15%) et des douanes (10%). Le niveau des impôts est anormalement bas (7% du PIB contre 25% en Afrique du sud). Le budget se caractérise également par une sous-exécution des projets d’investissements et des dépenses de fonctionnement trop importantes.
Après plusieurs reports, le parlement a voté la loi de finances fin mars. Les grandes orientations du budget sont la conduite d’une politique budgétaire expansive et la diversification des recettes budgétaires grâce à une meilleure collecte de l’impôt.
-  Situation de la dette
La dette nigériane comporte un faible risque de surendettement de l’Etat fédéral (le service de la dette est contenu à 12 % du PIB, dont seulement 1,5% du PIB en dette externe). En revanche, le service de la dette absorberait cette année 35 % des recettes budgétaires fédérales. La dette totale s’élève à 63,5Md$.
-  Perspectives
Le nouveau gouvernement devrait inscrire son action dans la continuité de l’administration précédente s’agissant de l’objectif de faire du pays, d’ici 2020, une des 20 premières économies mondiales.
Le Nigeria a lancé en ce sens un plan de développement « Vision 20/20/20 », complété par un programme de révolution industrielle pour promouvoir des champions industriels nationaux et attirer les investisseurs internationaux.

Autres données

Indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine 2016 : 36ème sur 54
Classement Doing Business 2017 : 169esur 190
Initiative pour la Transparence des Industries extractives : le Nigéria a été déclaré conforme le 1er mars 2011.
Transparency International 2016: 136esur 176